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Personalités 2009

PERSONNALITÉS DE L'AUTOMNE 2009


Renée Delarosbil

Texte : Clément Germain

Née Renée Dufour à Sault Ste Marie, en 1964, elle est devenue Mme Delarosbil il y a dix-sept ans. Elle a fait son école primaire à St Ignace puis Notre-Dame-des-Écoles et sa 9ième à Lakeway avant de RDdéménager à Montréal. Comme gardienne d'enfants chez sa grande sœur, Jacqueline, pour l'été, Renée a réussi à convaincre ses parents d'y demeurer pour l'année scolaire. Ce bref été s'est étiré en un séjour de cinq ans à Montréal. Demeurant à Rosemont, elle a été obligée de fréquenter l'école française à cause de la loi 101 et c'est pourquoi l'école Marguerite de la Jemmerais l'a accueillie pour les autres années de son secondaire. Elle remercie maintenant cette loi de lui avoir forcé la main et lui avoir donné la chance de continuer son éducation en français, ce qu'elle n'aurait sans doute pas fait sans y être obligée.

Renée s'est terriblement ennuyée de sa famille, surtout de sa mère pendant son séjour à Montréal. Elle a suivi les progrès de la construction du stade olympique et des appartements pour athlètes juste devant son école. De l'âge de quinze ans à dix-neuf ans elle a fini son secondaire et fait ses études en secrétariat pour en sortir avec un diplôme de commis. Après cinq ans à Montréal, à cause des lois différentes sur les bourses d'études au Québec, elle est revenue un an à Sault College pour avoir accès à de l'argent pour continuer son éducation. Elle y a obtenu son diplôme de commis-comptable.

Son premier emploi a été comme secrétaire au département de français du Conseil scolaire séparé catholique pour Soeur Madeleine Poliquin au Centre de ressources sur la rue Korah. Comme secrétaire-réceptionniste, elle a eu la chance de travailler pour Mijou Pelletier, Rita Purawec, Bernadette Clément-Socchia, Jeannette St Jules, Denise Martel, Caroleen Lamothe et Suzanne Chiasson. Elle a bien aimé son travail pendant quinze ans, mais lors de l'amalgamation, lorsque tous les services en français gérés par le Conseil Scolaire Catholique du Nouvel-Ontario sont transférés à Sudbury, son poste y est inclus. Ne voulant pas s'éloigner de sa famille, déménager à Sudbury est hors de question. Donc retour aux études. À Sault College, Renée obtient maintenant son diplôme comme technicienne en travail social.

Que de volonté il a fallu pour changer de carrière à mi-chemin dans sa vie. Mais c'est un choix que Renée a fait sans maugréer pour rester près de ceux qu'elle aime. C'est lors de sa deuxième année d'étude à Sault College que Renée tombe enceinte de Cole, son troisième enfant. Après dix-huit mois en congé de maternité, elle travaille comme intervenante au Centre Victoria pour femmes au bureau satellite de Sault Ste-Marie.  Elle y oeuvre encore aujourd'hui sept ans plus tard et on peut sentir sa passion lorsqu’elle discute de son travail.  Renée adore son travail. Elle aime aider les gens et son emploi consiste justement à faire cela.

RDFondé en 1995, le Centre Victoria pour femmes (CVF) est un organisme à but non lucratif et charitable au service des femmes francophones.  Il dessert les régions du Grand Sudbury et de l’Algoma.  Le Centre aide les femmes touchées par les agressions sexuelles, l’abus physique et toutes les formes de violence.  À titre d’intervenante, Renée offre toute une gamme de services gratuits et d’activités de prévention, de sensibilisation et d’éducation.  Le besoin est grand dans ce domaine. La femme et la société canadienne en général ont fait beaucoup de progrès (imaginez que les femmes ont eu le droit de vote il y a moins de cent ans).  Il reste encore beaucoup à faire.  Par exemple, il ne faut pas oublier qu’en cas d'abus et de violence, les enfants sont souvent témoins, sinon victimes, et seront marqués profondément par ce qu’ils ont vécu.

Renée se voue corps et âme et est toujours prête à aider les femmes dans le besoin. Si jamais vous avez besoin de ses services ou de ses conseils, vous pouvez la rejoindre au 705-253-0049, ça lui fera un plaisir de vous aider. Ou bien encore, vous pouvez vérifier le site: www.briserlesilence.ca pour des renseignements sur le sujet.

 Le leitmotiv pour aider à se sortir du cycle de violence:’’briser le silence’’. Trop de femmes endurent sans dire un mot et souffrent en silence. En parler à quelqu'un, s'ouvrir, aide à trouver une solution à une situation intenable. Renée est aussi formatrice certifiée pour COPA, c'est-à-dire, le Centre Ontarien de Prévention des Agressions. Cet organisme à but non-lucratif a pour objectif de venir en aide aux enfants ainsi que de sensibiliser et donner des stratégies pour la prévention de la violence faite aux enfants et aux femmes. Renée est instructrice certifiée en technique d'auto-défense. Elle vient de donner un atelier à ce sujet à une trentaine d'aînés et elle est très fière du résultat.

En plus de son travail, Renée est aussi en pratique privée; elle gère un programme d'aide aux employés francophones. « Solareh » dirige les travailleurs vers les ressources disponibles en français.  Agente de développement communautaire, Mme Delarosbil promeut aussi les services en français dans la ville et les environs.  Dans les écoles Renée sensibilise les élèves aux problèmes d'intimidation.  Aujourd'hui, les cérémonies d'initiation ne sont plus acceptables.

Renée est passionnée par son travail. Elle crée des activités pour rassembler les francophones, comme le Café Piaf, les Monologues du Vagin, la Journée de la Femme pour en mentionner quelques-unes. Elle est consciente du progrès: il y a de plus en plus de participation de la part des femmes francophones et elles sont mieux  sensibilisées. Elles sont plus conscientes de l'abus et réalisent qu'elles ont accès à des ressources. Les ministères comprennent mieux les défis à relever et grâce au travail sans répit des personnes comme Renée, acceptent d’appuyer des services qui viennent en aide aux groupes minoritaires. Il y a donc de l'espoir.

La famille pour Renée est de toute importance. Ayant  grandi parmi six soeurs et quatre frères, elle a vite appris à apprécier la valeur des relations humaines. Et aujourd'hui encore elle garde tous ses contacts familiaux. Les rencontres sont toujours de bonnes occasions de se réjouir, de garder les liens, de faire de la musique et de s'amuser à plein. Ses deux parents ont eu une influence égale sur sa personnalité; ils ont fait un bon mélange, semble-t-il.

Son père, décédé depuis neuf ans, est né à Amos. Venu à Sault Ste Marie avec son propre père combattre des feux de forêts dans les années 40, il y est demeuré. M. Dufour a fait carrière au ''Coke Ovens'' d'Algoma Steel. Quant à sa mère, du Cap-de-la-Madeleine, elle est encore en super bonne forme à quatre-vingt-un ans. Elle a toujours été une source d'inspiration pour sa fille. Très forte, très sensible, douce, unique, sage, toujours contente de son sort, toujours joyeuse et souriante, elle ne se plaint jamais. Renée espère vieillir en beauté tout comme sa mère.

Pour vivre une vie harmonieuse, saine et bien remplie, il est primordial de garder un bon équilibre entre le travail, la fRDamille et les loisirs. Et tous les trois prennent une place de choix dans la vie de Renée. Elle et son époux Daniel viennent de célébrer leur dix-septième anniversaire de mariage le 12 septembre dernier. Daniel travaille comme agent de finances pour Freedom 55 de la London Life. De leurs trois enfants, Shannon va à l'université Highlands de Las Vegas au Nouveau-Mexique. À sa deuxième année en sciences judiciaires (forensic sciences), elle parle espagnol et a obtenu une bourse pour le soccer. Shelby est en neuvième année à Sir James Dunn alors que Cole, âgé de huit ans va à Notre-Dame-des-Écoles. Le hockey et le soccer occupent tout le monde, parents autant qu’enfants. Shelby est violoniste et adore l'équitation.

De ses années d'enfance, Renée a gardé d'excellents souvenirs. Tous les ans on se rendait à Montréal visiter la famille. Les six frères et la soeur de M. Dufour les accueillaient à bras ouverts.  « On était écrasé, mais il y avait du fun. » Renée a gardé contact avec ses cousins de Montréal alors que deux de ses soeurs, Jacqueline et Carole y demeurent toujours. Dans la famille Delarosbil, la musique fait partie de la fête; le cousin Chuck Labelle en est un excellent exemple.

Pour gérer le stress de son travail, Renée demeure très active physiquement. Elle suit des cours de ''Pilates'', fait de la course à pied où elle atteint souvent son dix kilomètres; elle a suivi des cours d'équitation de selle anglaise (c'est maintenant Shelby qui a hérité de ses bottes). Renée joue de la guitare depuis quelques années. Elle adore  jouer pour le plaisir personnel ou devant les amis. Renée aime bien prendre des voyages en famille; à Albuquerque, Santa-Fe, Nouveau-Mexique, ils ont pris le tram en montagne. Elle aime l'aventure et leur grande roulotte les amène souvent à Pancake ou à l'île Manitoulin. Pour son travail elle voyage souvent à Ottawa ou Toronto, mais sa vacance annuelle avec Daniel à Cuba est tout à fait spéciale. C’est là leur chance de faire du tête-à-tête amoureux loin de la présence des enfants.

En plus de toutes ses activités, Renée trouve le temps pour ses amis. Le secret dans tout ça me demanderez-vous? Eh bien, c'est de toujours garder un équilibre. Une vie bien balancée mène à un esprit sain dans un corps en santé. Il faut savoir gérer son temps pour éviter le stress excessif. Heureusement qu'il y a des sessions de « debriefing » au travail après des interventions plus difficiles.

Ce qui est encourageant c'est qu'elle voit le progrès dans la société. La femme, peu à peu, prend la place qui lui revient, à parts égales avec l'homme. Les médias, les différents paliers de gouvernements et la société en général commencent à réaliser ses besoins différents et grâce au travail acharné de personnes comme Renée, il y a une lueur d'espoir au bout du long tunnel. On offre aussi plus de services en français; c'est à nous maintenant de les utiliser. Renée se trouve choyée par la vie, mais en réalité c’est nous qui sommes choyés de l’avoir à nos côtés en train de travailler pour nous.

P.S. : Des renseignements supplémentaires sont disponibles sur la campagne provinciale de sensibilisation à l’adresse suivante : www.voisinsamisetfamilles.on.ca.  Si vous êtes touché par la violence faite aux femmes, appelez FEM-Aide au 1-877-336-2433.

 


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