
Personalités 2009
PERSONNALITÉS DE L'ÉTÉ 2009
George et Andréa Desbiens
Texte : Suzanne Chiasson
Combien d’heures y a t-il dans une journée? Pour Andréa et George Desbiens, sûrement plus que 24 heures! Juste à les entendre énumérer leurs nombreuses activités de loisir et de bénévolat, la tête me tourne! Je parie que lorsque vous prendrez connaissance du dévouement zélé de ce couple septuagénaire, vous serez aussi épatés que moi!
Lorsque l’automne passé on a voulu nommer George pour recevoir une Distinction de l’Ontario pour Service Bénévole, celui-ci a refusé que l’on le désigne sans son épouse Andréa, « parce qu’on fait tout ensemble. Elle fait autant de bénévolat que moi », a-t-il affirmé. Mais puisqu'en tant que président du Club d’âge d’or il avait déjà soumis le nombre maximal de noms (six), il a gracieusement retiré leurs noms de la liste soumise au Comité de sélection.
C’est très typique de George et Andréa. Ce n’est pas pour recevoir éloges et reconnaissance qu’ils se donnent corps et âme à maintes activités, mais plutôt parce qu’ils adorent être actifs et rendre service sans compter les heures.
C’est le 25 août dernier que ce couple uni a fêté son 50e anniversaire de mariage, et ça fait aussi 50 ans qu’ils font du bénévolat. Ont-ils ralenti avec l’âge, comme la plupart de nous? Au contraire, ils sont plus engagés que jamais, surtout dans la communauté francophone.
"Andréa, née Filion, originaire de Sainte-Véronique près du Mont-Laurier au Québec, a été élevée sur une ferme à Val Saint-Gilles, petite communauté rurale d’environ trois cents personnes, près de Rouyn, en Abitibi. « Notre plaisir, c’était de faire les foins » avoue t-elle. «On fauchait le foin à la main avec une faux, ensuite on le ramassait avec un râteau, puis on le mettait sur un wagon tiré par les chevaux jusqu’à la grange. » Parmi ses premiers souvenirs, elle se rappelle qu’ils se levaient à cinq heures le dimanche pour chauffer une petite cabine en toile que son père avait installée sur une « sleigh » équipée d’un poêle à bois. Ainsi, la toile coupait le vent et le feu gardait la petite famille au chaud pendant qu’ils faisaient le trajet de trois milles pour se rendre à l’église. Beau temps, mauvais temps, ils attelaient le cheval tous les dimanches et tous les premiers vendredis du mois, apportant avec eux leur déjeuner qu’ils prenaient au sous-sol de l’église. Tout d’abord, ils se confessaient, puis ils recevaient la communion afin qu’ils puissent manger avant la messe de dix heures, puisqu’ils devaient communier à jeun dans ce temps-là. Ils n’étaient de retour à la maison que vers midi trente ou une heure, puisque c’était un parcours qui durait environ trois heures aller-
retour."
Andréa a rencontré George, originaire de Blind River, à Sturgeon Falls vers 1956, alors que les deux travaillaient là. En 1958, l’heureux couple fut uni en mariage à Sturgeon Falls. Ils y ont demeuré pendant dix-huit ans, et leurs trois enfants, Diane, Marc et plus tard Ginette, sont nés là.
Lorsqu’en 1974, George accepta un poste d’ambulancier avec Algoma Steel à Sault Ste Marie, c’est la communauté d’ici qui en fut enrichie! Il détenait aussi un poste à temps partiel comme ambulancier pour la ville, travail qu’il a poursuivi de 1974 à 1986. De plus, lui et Andréa ont entreprit l’enseignement de cours de Premiers soins et de RCR (Réanimation cardio-pulmonaire) au Sault College, autant en français qu’en anglais, de 1976 à 1997. George a ensuite continué à enseigner ces cours pour la Croix-Rouge et pour l’Association de cœur, ce qu’il fait encore aujourd’hui à une moyenne de 3 jours par semaine. Remarquable pour un homme de soixante-douze ans! Pendant cinq ans, il a donné ce cours à Dubreuilville, ainsi que trois ans à Chapleau. Il a même traduit le cours de RCR en plus de passer à travers le vocabulaire relié à l’ambulance avec ces francophones qui n’avaient aucun document ni aucune formation en français dans ce domaine avant l’arrivée de George. Il prit sa retraite d’Algoma Steel en 1997 après 23 ans de service, mais il n’a certainement pas pris sa retraite de la vie ou du travail!
Andréa, elle, gardait un bébé le jour et enseignait avec George le soir. Elle a aussi travaillé comme ménagère dans des maisons privées pendant dix-sept ans. Elle a eu jusqu’à cinq maisons par semaine. Et encore, il lui restait de l’énergie le soir pour sa famille et pour ses activités et son bénévolat!
Dès le début de leur union, George et Andréa ont commencé à faire du bénévolat. À Sturgeon Falls, ils préparaient des soupers de mariage pour 250 personnes et organisaient des danses de la veille du Jour de l’An. Tout l’argent qu’ils prélevaient allait au club des Chevaliers de Colomb et aux Filles d’Isabelle. Ils faisaient aussi du bénévolat à l’hôpital, à visiter des malades et à vendre des billets. « Là où ils avaient besoin de nous, nous étions là.»
Lorsqu’ils sont arrivés au Sault, Andréa s’est jointe aux Femmes de la Fédération et ensuite aux Filles d’Isabelle jusqu’à ce que cette dernière organisation soit dissoute il y a quelques années. Pendant ses vingt ans au sein de ces organisations, elle a travaillé à tour de rôle comme secrétaire, comme vice-présidente et aussi en tant que vérificatrice des livres. Figurez-vous qu’en vingt ans, elle n’a manqué que trois réunions, et ce à cause de décès! Peut-il y avoir plus grande fidélité que ça?
Pendant huit ans elle a joué du violon et chanté avec un groupe de dix francophones appelés Les Talents de Chez-nous; ils jouaient au Davey Home, au foyer Van Daele et au Moose Lodge afin de divertir les vieillards. George, lui, était l’organisateur des événements. Tous les dons reçus étaient donnés à la charité.
Ils ont travaillé au Centre francophone lorsque celui-ci était sur les rues Gore et Queen, ensuite Spring, alors que Solange Fortin et plus tard Ida Boucher ont siégé à la présidence. Ils répondaient au téléphone et organisaient des ventes-garage en guise de prélèvement de fonds. De plus, Andréa faisait le ménage et s’occupait de décorer les vitrines du Centre. Que d’heures de travail fournies gratuitement!
Plus récemment, George et Andréa se sont impliqués dans le Club d’âge d’or, groupe qui se rencontre tous les lundis après-midi au Centre Drop-In sur la rue Bay. George en est devenu le président en 2003, et c’est depuis ce temps qu’Andréa prépare un goûter copieux pour une vingtaine de personnes qui se présentent hebdomadairement. Pour $1, qui défraie les coûts de la nourriture, les membres peuvent déguster de délicieux sandwichs, ou bien un chilli, ou encore des fèves au lard. Comptez les semaines: ça veut dire environ 300 goûters préparés volontairement! Ah, quel groupe choyé! En avril dernier, Andréa a été reconnue comme « Volontaire de l’ann
ée » par la Croix-Rouge pour son dévouement envers le Club d’âge d’Or. Ce certificat lui fut décerné lors du banquet municipal pour reconnaître les bénévoles de la ville.
Les membres du Club d’Age d’Or se rencontrent principalement pour jouer aux cartes, mais la réunion mensuelle attire aussi de 35 à 40 personnes. De plus, ils organisent toujours des danses à Noël, puis en 2008, on a fêté les vingt-cinq ans du club avec une fête à la Légion. George et Andréa organisent aussi d’autres activités, telles que la Foire-Santé préparée l’an passé pour les gens de cinquante ans et plus. Il y avait douze postes de démonstration reliés à la santé et à la prévention de la maladie. Cette foire, à laquelle ont participé quatre-vingt personnes, a eu lieu au Centre Drop-Inn et George est fier de constater qu’elle a connu le plus grand succès du nord, grâce en partie au travail acharné, pendant deux mois, du président et de son épouse.
En février dernier, ces bénévoles infatigables ont organisé un souper aux pâtes alimentaires dans le cadre du Carnaval Bon Soo, au profit de la Croix-Rouge. George a préparé toutes les sauces ainsi que
quinze-cents boulettes de viande. 1500!!! Andréa, elle, s’est occupé de la vente de pâtisseries. Parce que la viande leur a été donnée, ils ont pu compter un profit de 1800$. Ce fut tellement un grand succès qu’on a décidé d’en faire un événement annuel.
Comme il y a sept jours dans une semaine et que ce couple a de l’énergie à vendre, ils s’impliquent depuis six ans à l’organisation de la fête de la St. Jean-Baptiste. En tant que président du Club d’Âge d’or, George se promène pour s’assurer que la nourriture, les friandises (barbe à papa, cônes et pop-corn) et les boissons gazeuses sont en place. Andréa, elle, se place à l’entrée et s’occupe aussi de la table des cadeaux. Cette fois, le profit est acheminé au Centre-francophone.
Depuis trois ans, George et Andréa nettoient l’intérieur de l’église. George a aussi coupé le gazon pendant deux étés. Cette année, ils se sont occupé de la vente garage qui a eu lieu dans la salle paroissiale au début de juin. Cette vente, qui dans le passé était organisée par le Club d'Âge d'or, a rapporté presque 900$ pour l’église Ste-Marie-du-Sault! Un autre beau succès grâce au travail inlassable de ce couple et de l’équipe de plusieurs gens qui les épaulent avec plaisir dans leurs entreprises bénévoles!
Comme George et Andréa aiment s’impliquer au sein de la communauté francophone, ils participent depuis trois ans à l’organisation et au déroulement d’une activité annuelle à la cabane à sucre. La première année, Andréa et sa soeur ont fait cuire 1044 saucisses dans sa cuisine; cette année, c’est à la soupière (Soup Kitchen) que George et Gérald Marion ont fait cuire les saucisses. « Ça toute passé!», déclare Andréa
Avez-vous remarqué qu’au fur et à meure que les années se déroulent, les activités bénévoles se multiplient? On s’attendrait qu’au contraire, ils en laisseraient tomber! Mais Andréa et George aiment tellement se tenir occupés, que c’est un plaisir pour eux de s’impliquer si activement. Je leur ai demandé quelle activité volontaire les passionnait le plus, et ils ont répliqué: « Le Club d’âge d’or, parce qu’on a bien des activités et ce sont des gens de notre âge. Je suis bien contente de faire ce que je fais pour eux. C’est beau de les voir sourire. » Quel atout pour ce club de personnes qui tiennent à demeurer actifs!
Sûrement qu’avec tous ces engagements, il ne reste ni temps ni énergie pour des passe-temps personnels?
Eh bien, au contraire, George et Andréa se livrent à plusieurs activités de loisirs. Cela fait trente ans qu’ils jouent aux quilles au Churchill Plaza. Ils ont même gagné le championnat deux ans de file! Depuis vingt-six ans, ils font du jardinage de fleurs et de légumes dans leur grande cour. Cette année, George a planté des tomates à l’envers. Eh oui! Les plants sortent par un trou coupé au fond du vase accroché et poussent par en bas au lieu de serpenter vers le haut. Il a hâte de voir les résultats de ce nouveau système! Puis, au courant de l’été, « on suit les fruits » Dès que les fraises sont prêtes à cueillir en juin, ils se rendent soit sur le chemin Leigh’s Bay, soit à la ferme Matthew’s afin de remplir des paniers autant pour leurs amis qui ne peuvent pas s’y rendre que pour eux-mêmes. Plus tard, ce sont les bleuets qui les attirent à Kirkland Lake. Ils y vont plusieurs fois et y passent une pleine semaine à la fois. Deux ans passés, ils ont cueilli deux-cent paniers de bleuets! « C’est rien, ça, dans une bonne année! », affirment-ils. Ils en gardent dix pour eux puis vendent le restant. Pour eux, ce n’est pas du travail, même si c’est parfois dur sur le dos, c’est une joie. « Les bleuets, c’est nos vacances et notre passion, l’été » Souvent la sœur d’Andréa se joint à eux. Même si elle est octogénaire, elle s’y adonne cœur et âme, à la grande admiration d’Andréa, parce qu’«elle est plus vite que moi, et elle ne ramasse aucune feuille! »
A Noël, c’est la confection et vente de tourtières qui occupe leur temps. Depuis sept ans, ils font une moyenne de cinq-cent vint-cinq tourtières et cent tartes aux pommes, commençant vers la fin septembre, puisque la demande est si grande. «Quinze à vingt tourtières, ce n’est rien! On fait ça avant déjeuner! », avoue George. Et moi qui est fière si je réussis à en faire un total de 15!! Quelle énergie extraordinaire!
Figurez-vous qu’avec le jardinage, la cueillette de fruits, les quilles et le bénévolat auprès du Club d’Âge d’or, du Centre francophone, de l’église et de la Croix-Rouge, ils arrivent à pouvoir aller danser une fois par semaine, « là où il y a de la bonne musique, ( à la Légion ou au Elks) C’était deux à trois fois par semaine lorsqu’on était plus jeunes. » et de plus, ils adorent jouer aux cartes et souvent c’est chez-eux qu’a lieu la partie. « On est dix autour de la table. Souvent, on joue dehors quand il fait bien beau.» Soyez assurés que les gens ne partent pas sans avoir dégusté un bon goûter!
Pour Andréa, le secret du bonheur, c’est la patience, l’amour et savoir pardonner. Pour George, c’est de « Faire ce que ma femme me dit! » Ah, ce grand-père de six n’a pas perdu son sens de l’humour!
Qu’est-ce qui peut bien motiver ce couple à faire tout ce bénévolat et à s’impliquer dans tant d’activités? « C’est qu’on aime ça. Depuis qu’on est mariés qu’on a toujours été actifs dans tout. George a toujours travaillé deux jobs. On est jamais resté assis. Si tu es actif, tu ne rouilles pas. Tant que la santé va être là, on va le faire. On ne ferait rien de ça sans la santé! » Leur demandant si c’est eux qui choisissent les activités, ou si les activités les choisissent, ils répondent: « Les deux! On ne dit jamais non. Les gens disent : Appelez Georges et Andréa! » Leur réputation est faite. Avec ce couple à la tête, on sait que ce sera fait avec zèle et succès. Quel cadeau pour notre communauté! Quel atout pour nous, francophones! George et Andréa, c’est avec grande admiration et affection que nous vous remercions de votre dévouement inlassable. Que nous sommes choyés de vous avoir parmi nous!




