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Personalités 2007

PERSONNALITÉ DU MOIS DE JANVIER 2007

ALEX LAPENSÉE

Texte : Clément Germain

1 Né le 18 août 1918, M. Joseph Clet Lapensée porte bien aujourd’hui ses 88 ans. Il a été baptisé Clet du nom de sa paroisse natale, St-Clet, Québec, située à environ soixante-dix kilomètres au sud-ouest de Montréal, près de la frontière ontarienne. Comme son frère n’aimait pas ce prénom inusité, il l’appelait Alex et ce nom lui est resté.

À cinq ans, à la mort de sa mère, Malvina Ranger, il a été placé dans un orphelinat catholique de Montréal. Les soeurs grises de la Croix se sont bien occupés de lui et lui ont prodigué de bons soins. Il garde une bonne impression de ses années à l’orphelinat même si ses souvenirs sont un peu vagues et même si son père ne l’y a jamais visité pendant les sept ans qu’il y est resté.

Faisant partie d’une famille de neuf enfants, il a perdu de vue ses frères et soeurs dont plusieurs ont été adoptés dans des familles des alentours. Il a tenté en vain de retrouver une photo de lui-même prise lors d’une parade de la St-Jean-Baptiste et qui était paru dans le journal local d’alors. À l’orphelinat, il couchait dans le dortoir commun en compagnie d’une cinquantaine d’autres orphelins.

Alex a bien connu le bienheureux frère André. Il lui a souvent parlé et encore aujourd’hui, il peut décrire son logis en haut de la petite chapelle attenante à l’Oratoire St-Joseph. Il mentionne qu'il y avait deux lits dans la chambrette avec un petit poêle à l’huile de charbon dans un coin. Le lit du frère André était sous une fenêtre. Et tous ces souvenirs datent d’avant et pendant la construction de l’Oratoire. Il a souvent servi la messe dans cette petite chapelle du frère André.

Lors d’une visite à l’Oratoire il y a cinq ans, M. Lapensée a décrit en détail comment était vraiment la chambre du frère André. Mais la direction n’a jamais voulu écouter ses conseils. La réplique actuelle de la chambre du bienheureux est donc loin de ce dont se souvient le petit orphelin.

À sa sortie de l’orphelinat en 1930, son père Évangeliste Lapensée était remarié et père de trois autres enfants. Alex est allé à l’école publique une année à l’âge de treize ans mais il s’y ennuyait, étant trop en avance sur les autres et a vite abandonné toute forme d’étude. Il a alors aidé son père à l’entretien de ses maisons de pension pendant quelque temps. Alex a ensuite travaillé dans les épiceries de Montréal. Il a aussi transporté les denrées alimentaires du Port de Montréal jusqu’à l’entrepôt avec un gros camion White 1925 à pneus de caoutchouc dur. Ensuite, il devait redistribuer les denrées de l’entrepôt aux épiceries avec un camion Ford 1932. Il était alors à l’emploi de Joe Salomon. En hiver, il a été colporteur et a fait du porte-à-porte pour vendre fruits et légumes dans les rues de Montréal. Sa charrette tirée par un cheval était chauffée par un petit poêle à bois pour empêcher ses produits à vendre de geler.

Sa carrière d’embaumeur a été de très courte durée. Embauché pour travailler de nuit au salon funéraire, il s’est enfui avant la fin de son premier quart, terrorisé par les cadavres en proie à la "rigor mortis".

Il a travaillé sur les barges transportant du charbon sur le fleuve entre Montréal et Québec. Mais comme Alex avait la pied léger, il changeait souvent d’emploi. Connaissant l’anglais et le français, il a été annonceur et traducteur pour le cirque "Caulkin et Garret". Son travail consistait à annoncer et présenter les exhibits des hors-la-loi célèbres comme Jesse James. Il était présent à l’entrée du théâtre Leows sur la rue Ste-Catherine quand le fameux hors-la-loi John Dillinger s’est fait descendre par la police. Alex était un bon copain de David Misener qui a écopé de onze ans de pénitencier pour un meurtre qu’il n’avait pas commis, celui de John Labatt, de la brasserie qui porte son nom. Il a vu une de ses bonnes amies se tuer en tombant d’un trapèze de cent cinquante pieds de hauteur.

Alex a ensuite roulé sa bosse dans les chantiers. À Hearst, Ontario, où il a bûché au "godendard" ou "cross-cut saw", il s’est souvent fait crier par la tête: "Tire, tire mon maudit Lapensée" parce qu’il était de petite taille et devait travailler dur en face de gros hommes musclés à l’autre bout de la scie.

En 1938, Alex Lapensée est arrivé à Sault Ste. Marie avec les wagons de marchandises comme le vrai hobo qu’il était. Il s’achète un cheval et va délivrer du bois de chauffage. Un jour où il a dû faire remorquer son voyage par un camion parce que son cheval ne pouvait pas monter la côte de la rue Pim, il décide de chauffer un taxi. "Mon Old Barney était plus fin que moi." dit-il. C’est alors qu’il a commencé sa carrière de chauffeur de taxi. En plus d’avoir ses propres voitures, il a conduit pour Henry Televe, Georges Wesley, Bob McEwen et Oscar Bélanger. Il travaillait jour et nuit, dormait dans son taxi et au lieu d’attendre les appels, se rendait rencontrer ses clients potentiels à l’arrivée des trains et des bateaux ou à la fermeture des hôtels et des danses. Alex a conduit plusieurs visiteurs de marque dont Sir James Dunn qui demeurait à l’hôtel Windsor et était propriétaire d’Algoma Steel. Il y avait de la bonne argent à faire, à 50 cents du voyage, surtout qu’Alex avait le tour de satisfaire les différents besoins de ses clients. "Un client content donne un bon pourboire."

Toujours en 1938, Alex épouse Kay Featherstone. De ce mariage qui a duré sept ans, est né un fils vivant toujours à Sault Ste. Marie. Âgé aujourd’hui de soixante-sept ans, il est connu sous le nom de Tommy Cyr. Le petit Tommy a eu une naissance un peu inusité puisque, toujours dans le ventre de sa mère, il a fait le voyage vers l’hôpital d’abord en traîneau tiré par son père jusqu’à la voie ferrée ensuite il lui a fallu attendre l’arrivée du train qui l’a amené à Sault Ste. Marie où il a vu le jour à l’hôpital Général.

Le second mariage d’Alex Lapensée en 1959 à Hazel Ebare (originellement Hébert) lui a donné quatre filles et un garçon. 2Son fils, baptisé du même prénom que son père, a gardé la tradition pour son propre fils, ce qui fait donc trois générations de Alex Lapensée. Après cinquante-trois ans de vie commune, le couple fait encore bon ménage et vit dans la dernière maison à la sortie de Goulais River sur la route 17 juste au nord de Sault Ste. Marie. Alex a d’ailleurs travaillé plusieurs années à la construction de cette route que nous prenons aujourd’hui pour acquis comme si elle avait toujours été là. Il y a travaillé longtemps comme opérateur de machinerie lourde. Tour à tour chauffeur de camion ou de tracteur à chenilles, opérateur de niveleuse, contremaître ou simple manoeuvre, il a posé une multitude de "calvrettes", a rempli de roche et de gravois bien des marécages et posé des kilomètres de garde-fous.

Pour "Mike Hoben Construction", il a travaillé plus au nord jusqu’à Terrace Bay à l’aménagement de l’autoroute. À Longlac, sur la route 11, il a travaillé dans les moulins à scie et comme mécanicien dans les garages. Ensuite vers l’est, près de Sudbury dans les chantiers forestiers à Westray soit comme bûcheron ou chauffeur de camion. Un jour, Alex décide de se rendre à Toronto avec son auto malgré l’état pitoyable des chemins. En passant à Gravenhurst, il défonce la panne à l’huile de sa voiture, la répare et continue à Toronto.

M. Lapensée a aussi travaillé à Levack pour Chicaro comme chauffeur de camion et comptable. N’ayant pas le poids minimum requis pour travailler sous terre dans les mines, il obtient donc le poste de contremaître à l’entretien. À la tête de cinquante à soixante menuisiers, journaliers et pompiers, il veille à la bonne marche de tout le système minier. À Elliot Lake, il a été à l’emploi de Dennison et de la Conmet comme contremaître.

C’est en 1963 à Montréal River alors qu’il travaillait pour la "Great Lakes Power" qu’il s’est fait grièvement blesser par la pelle de douze tonnes d’un tracteur à chenilles; elle lui a écrasé la jambe gauche. Après deux ans à l’hôpital ou en réhabilitation à combattre la gangrène, avec des plaques de métal pour renforcer ses os, il a repris une vie à peu près normale. On peut voir qu’Alex est un vrai survivant et a su se battre contre l’adversité. Encore aujourd’hui, le trou béant laissé par la gangrène atteste sa force de caractère. Onze ans après l’accident, la "compensation" a enfin consenti à lui verser une petite pension et Alex a ouvert un commerce de réparation de petits moteurs. Pendant bien des années, Currie Brothers a utilisé ses services comme réparateur principal.

La mécanique ne lui était pas inconnue puisqu’il réparait lui-même depuis longtemps les moteurs des tracteurs et camion qu’il conduisait. Après avoir transporté du bois toute la journée, il passe une partie de la nuit à réparer tout ce qui fait défaut et est prêt le premier à recommencer le lendemain. Il a travaillé pour l’Abitibi à Eton sur la ligne de l’A.C.R ; il transportait les hommes d’un camp à l’autre, l’épicerie pour tout le monde, le foin et l’avoine pour les chevaux et l’essence pour toute la machinerie. Avec son tracteur à chenilles, il a transporté la "pitoune" sur la glace des rivières. Au printemps, à la fonte des neiges, ces billes de quatre pieds sont dravées jusqu’au lac Supérieur d’où elles sont acheminées par remorqueur jusqu’au moulin de l’Abitibi à Sault Ste. Marie.

Beaucoup plus tôt, Alex Lapensée avait transporté de la "pitoune" de quatre pieds sur des traîneaux tirés par son camion Fargo. 4Il tirait deux traîneaux, chacun chargé de six cordes de bois sur une distance de onze milles. Son assistant était un prisonnier allemand nommé Horst qui devait retourner coucher à son camp de concentration tous les soirs. Les billes étaient déchargées à la main, à l’aide d’un crochet à "pitounes" sur les wagons à la voie ferrée. Alex est tout fier de me dire que son camion Fargo d’une capacité d’une tonne et demie pouvait tirer une plus grosse charge que le K-9 International de cinq tonnes.

Au début des années 40, Alex a été opérateur d’un tracteur à ponts D-7 et d’un International 24 à l’aciérie Algoma Steel. Par une nuit de tempête, il est en train de niveler le dessus d’un amas de charbon avec son tracteur lorsqu’il se fait frapper par une grue mécanique dont l’opérateur ne l’avait pas aperçu. Il a alors déboulé soixante-quinze pieds en bas de l’amas sans trop se faire blesser.

3Alex est fier de me montrer une photo de lui-même en train de construire le "Hi-Line" avec son camion alors qu’employé de McClauglin en 1941. Il est très heureux aussi de me montrer les photos de ses voitures; soit la ford décapotable 1932 avec sont "rumble seat" ou bien son Essex 1929 avec laquelle ça lui a pris neuf heures pour se rendre du Sault à Montréal River. Il était très fier de son cheval, Old Tom qui obéissait à sa voix. Alex avait aussi un cheval de course qu’il aimait bien. Après l’avoir vendu à un ami, Alex est invité à souper chez lui et qu’est-qu’il y a au menu? De la viande de cheval. Quelle cruauté!

Il s’attache beaucoup à ses animaux de compagnie. La seule fois que sa fille Janet l’ait vu pleurer est à la mort de son chien Bimbo qui l’avait accompagné pendant treize ans.

Aimant toujours le changement, Alex a eu beaucoup d’emplois différents. Prospecteur près de Kirby, il a aussi creusé pour du cuivre dans les mines à ciel ouvert de Bruce Mines. En 1946 en compagnie d’un certain Dunbar, il a tenu sa ligne de trappe pour le castor, le lynx, le loup, le renard, la martre et le vison.

Alex a travaillé à la construction du barrage de la rivière Montréal alors qu’il était employé par Dutch Garthshore. Lors du grand feu derrière Aubrey Falls, il avait sa propre équipe pour combattre le feu. Un jour, alors qu’il était préposé à la pompe Ajax, le feu a encerclé son équipe et tous ont dû sauter dans le lac et y passer la nuit pour éviter d’être brûlé vifs.

Alex s’est aussi un peu livré à la contrebande. Un ami venait délivrer des caisses whiskey à bord de son avion en provenance des États-Unis. La route dix-sept alors en construction mais encore peu utilisée servait d’excellente piste d’atterrissage. Alex, grâce à ses autos plus rapides que celles des policiers, réussissait toujours à leur filer entre les pattes.

Mais il s’est bien racheté de ses mauvais coups en étant fidèle donneur de sang pour la Croix-Rouge. Et ces dernières années en collaboration avec sa fille Kelly, il s’est dévoué à la cause de Terry Fox en instaurant la marche annuelle dans la région de Goulais. Encore aujourd’hui, il est très actif en fabriquant des affiches et, en encourageant et distribuant de l’eau ou du jus à tous les participants.

M. Lapensée est très proche de sa fille Janet avec qui il a une affinité toute spéciale. Il a ressenti les douleurs de l’accouchement en même temps que Janet lors de la naissance de son petit-fils. Ils ont un sixième sens qui leur fait ressentir les sentiments de l’autre. Janet est mariée à Mark Joseph et demeure à Heyden.

Comme Alex aimait bien le changement, la liste de ses différents emplois et activités n’est pas encore terminée. Pendant six ans, à partir de 1965, il a été le gardien et préposé à l’entretien du dépotoir municipal, à l’emploi d’un certain Robidoux. Avec Janet comme son bras droit, le travail ne manquait pas et il dit qu’il y avait de la bonne argent à faire. Recevant 50 cents pour chaque moteur que Janet aidait à extirper des appareils ménagers, 50 cents pour chaque pile électrique, chaque livre de cuivre ou de plomb. Recyclant des kilomètres et des kilomètres de fils électriques, ils passaient de grandes soirées à brûler le revêtement de caoutchouc dans un grand feu dans sa cour pour pouvoir récupérer et revendre le cuivre pur.

Il pouvait aussi nourrir sa famille avec des denrées légèrement avariées jetées par les épiciers. Un plein panier de pommes rejeté à cause d’une ou deux pommes pourries ou bien une caisse entière de beurre ou de biscuits légèrement passée la date idéale de consommation, tout servait à garder sa famille en bonne santé. Et Janet était toujours son bras droit pour l’appuyer et l’aider dans ce travail.

Beaucoup plus tôt, de compagnie avec Adolf Fletcher, il s’est occupé de l’opération et de l’entretien du "Hawk’s Lake Depot". L’avion de M. Fletcher étant monté sur des canots en été et sur des skis en hiver, Alex devait battre une piste d’atterrissage d’abord en raquettes et ensuite avec les skis de l’avion sur la neige à la surface de la glace du lac. Il aimait bien s’amuser à faire lever l’avion un peu de temps en temps. "C’est exactement à 70 milles à l’heure la vitesse minimum ou l’avion peut décoller." Après une journée à un hôtel de Wawa, il a dû traîner son ami le pilote trop saoul pour marcher jusqu’à la carlingue ouverte de l’avion. Ensuite, s’installant aux commandes, il a réussi à décoller et poser l’avion juste devant leur cabine sur le lac Hawk.

Au cours de sa vie, M. Lapensée s’est construit cinq maisons: l’une à Montréal qu’il n’a pas finie, deux sur la Quatrième Ligne et Troisième Ligne respectivement à Sault Ste. Marie et une salle de danse sur le chemin Leigh’s Bay avant de construire en 1959 celle qu’il occupe encore aujourd’hui à Goulais River.

5Alex a bûché, construit des chemins ou conduit des camions pour à peu près tous les contracteurs forestiers de la région de Goulais. En 1945, il était contremaître pour la construction du barrage à Tunnel Lake. Il a d’abord aidé à l’évacuation d’un village d’autochtones qui allait être englouti par la montée des eaux. On dit que les reste du village sont encore visibles aujourd’hui au fond du lac si le temps est bien calme. La photo ci-contre nous montre une phase de la construction de ce barrage.

Alors qu’il travaillait dans les mines d’Elliot Lake, il était aussi gérant d’un club de boxe. Alex était le chauffeur et le photographe privé pour les frères Nolan, fameux boxeurs qui ont gagné des championnats mondiaux et des médailles olympiques. Le dernier de ces Nolan vient de mourir dernièrement.

Au début de la deuxième guerre mondiale, M. Alex Lapensée a été appelé pour servir son pays mais son faible état de santé ne lui a pas permis de passer les exigences médicales. Il n’a donc pas pu servir dans l’armée canadienne.

6 Dans sa jeunesse, il rêvait de danser professionnellement et a suivi des cours de danse à claquettes. Il a bien connu Stompin Tom Connor et son chanteur préféré est Jonny Cash avec son "I Walk the Line". Il a vécu à Blind River dans une famille Iroquoise et encore aujourd’hui quand il prend une bière de trop, il parle iroquois.

À Simcoe dans le sud de l’Ontario, il a cueilli les feuilles de tabac et les a pendues dans les granges à séchage. 7 Ses photos de l’époque nous montrent divers procédés dont le "bateau" tiré par un cheval, pour recueillir les feuilles dans les champs; le "moulin à coudre" pour attacher les feuilles aux bâtons à pendre dans la grange ainsi que le "moulin à vapeur" qui servait à injecter de la vapeur dans la grange lors du séchage du tabac.

Alex Lapensée a failli porter le nom de Clausier mais ce nom a changé à Lapensée à cause de son arrière-grand-père, Gabriel Zéphir Clausier, grand penseur et inventeur qui, quatre générations plus tôt, s’est mérité le nom de Lapensée.

Comme vous avez pu le constater dans ce texte, Alex est un excellent raconteur. Pas si mal pour quelqu’un que les soeurs grises avaient envoyé à l’infirmerie de l’orphelinat pour y mourir d’une fièvre rhumatismale. On l’avait complètement décompté. Et plus tard, à sa sortie de l’orphelinat les bonnes soeurs comptaient bien en faire un prêtre mais selon son dire, il aimait beaucoup trop les femmes.

Aujourd’hui, il nous dit: "J’ai vécu une belle vie; je suis prêt à aller retrouver le frère André.” Bonne chance Alex et bon voyage; tu le salueras de ma part.


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