
Personalités 2006
PERSONNALITÉ DU MOIS DE MARS 2006
Père Noël Fortier "Serviteur de la Parole"
C’est avec grande joie que le 25 décembre 1939, Valida et Nazaire Fortier accueillent en ce monde leur fils Noël. Il appartient à la onzième génération des Fortier depuis l’arrivée de son ancêtre à l’île d’Orléans, Antoine Fortier, en provenance de Dieppe, France.
Après une enfance plutôt calme, il entre au collège à l’âge de 14 ans pour y faire son cours classique. Il y est très influencé par ses professeurs, surtout un homme de théâtre en versification. C’est à l’âge de 18 ans, lors d’un concours de l’Association canadienne de la jeunesse catholique qu’il découvre ses talents d’orateur. Il gagne en semi-finale contre le célèbre et regrété Pierre Bourgault. Il y a alors connu Pierre Laporte, décédé des années plus tard dans des circontances tragiques lors de la crise d'Octobre 1970, qui était l’un des membres du jury.
En 1958, à peine six mois après son ordination, le Père Fortier est à Rome pour l’ouverture du Concile Vatican II. Il se trouve sur la Place St-Pierre lors de l’élection du Pape Jean XXIII. Le Père Fortier a été témoin de grands changements dans l’Église tout au long de son sacerdoce mais surtout quand les décrets du concile furent mis en application. Lors de son séjour à Rome, il a toujours accès aux archives du Vatican puisqu’il a été mandaté par l’Oratoire St-Joseph de Montréal pour faire des recherches sur la vie de St-Joseph.
De retour à Montréal en 1960, le Père Fortier enseigne la philosophie au collège St-Laurent pendant deux ans. En vue de son départ comme missionnaire il se prépare à "l’École des Études orientales" à Louvaini, en Belgique, où il apprend le sanscrit. Étant chapelain dans un château belge, il récite la messe le dimanche pour les trois cousines du roi.
Toujours dans le but de se rendre aux Indes il étudie un an à Londres. Malheureusement, un changement de gouvernement, l’avènement d’Indira Ghandi au pouvoir, amène l’annulation de son voyage comme missionnaire. Il s’en est fallu de très près puisque ses bagages se sont rendus aux Indes, mais pas lui. Ses préparatifs pour le Brésil et le Pakistan sont aussi restés infructueux.
Il retourne donc à Limoilou, Québec, où il enseigne la philosophie à 12 jeunes qui veulent devenir prêtres de Ste-Croix. Après cinq ans, le Père Fortier fait enfin comprendre au Supérieur que ce n’est pas le travail d’un prêtre que d’enseigner.
En 1972, il est enfin curé d’une paroisse : La Toussaint, de Sudbury. Il y demeure cinq ans. Sur l’entrefaite, il oeuvre pour la cause française. Il s’engage à fond dans les "chantiers du Cardinal Léger". Il travaille à CFBR, la radio française de Sudbury de 6h à midi tous les jours. Il rédige l’éditorial, lit le bulletin de nouvelles locales, s’engage dans l'Association canadienne-française de l'Ontario (ACFO) et anime l’émission de ligne ouverte très populaire : "As-tu deux minutes?" où il donne des entrevues aux personnalités de passage dont Pierre-Elliott Trudeau, Claude Wagner et Jeanne Sauvé. Il écrit également une colonne hebdomadaire dans le journal "Le Voyageur".
Le Père Fortier a grandement contribué à la "bilinguisation" de Sudbury. Il a organisé et participé à maintes démonstrations pour obtenir des services en français. Le Nouveau Parti Démocratique lui demande de se présenter comme candidat lors des élections.
À la suite du succès de son émission "As-tu deux minutes?", on l’invite comme hôte de "Pile et Face" à la Télévision française de l'Ontario (TFO) à Toronto. C’est une émission où l’on devait montrer les deux côtés d’un sujet présenté. Mais comme il n’arrive pas à montrer objectivement l’envers de la médaille, il démissionne bientôt.
En 1977, lors du départ du Père Jean Vézina, le Père Noël Fortier est transféré à la paroisse Ste-Croix de Sault Ste. Marie pour le remplacer. Il y demeure sept ans avant son départ comme curé d’Azilda et de la paroisse de l’Annonciation où il y demeure 1 an.
De 1991 à 1996, le Père Noël Fortier nous revient comme curé de la paroisse Ste.Croix. Après sa quatrième crise cardiaque, dont la première à l’âge de 55 ans, il demande à l’évêque de se faire remplacer comme curé. Il est demeuré dix ans dans le ministère après le début de ses problèmes cardiaques.
En 1996, il prend un cours de quatre mois à Jérusalem. C’est un ressourcement biblique en Terre Sainte. Il termine sa vie officielle active de prêtre par un geste spécial. Pour conclure son odyssée comme "Serviteur de la Parole", il célèbre l’Eucharistie au lever du soleil au sommet du mont Sinaï. La veille, après seulement quelques minutes de sommeil dans un monastère, le réveil sonne à 2 h du matin. D’abord, voyage à dos de chameau jusqu’au contrebas de la montagne, le Père Fortier avait l’impression "d’être conduit par l’Ange du Seigneur". Ensuite, vers le sommet, ascension à pied qui dure 4 à 5 heures puis enfin, au lever du soleil, célébration eucharistique.
Fait très symbolique pour le "Serviteur de la Parole": lors de cette messe, le calice est tombé et le hosties se sont répandues par terre comme une semence vers les points cardinaux.
Depuis sa retraite comme curé de paroisse en 1996, il a passé ses derniers huit ans au camp avec sa mère Valéda. En 2005, il vient prêter main forte à son frère Normand, curé de la paroisse Ste Marie du Sault.
Aujourd’hui, soit à l’ordinateur soit dans ses lectures, il continue ses recherches en théologie et sur le développement de l’Église. Comme vous pouvez le constater, il est toujours plein d’énergie malgré sa condition cardiaque et son diabète.
Bonne chance Père Fortier, continuez encore longtemps et que Dieu vous garde.




