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Histoire

Les premiers habitants

1 Bien avant l'arrivée des premiers explorateurs, les Cris et les Ojibways habitaient la région de Sault-Sainte-Marie. Ces nations autochtones se sont installées sur ce territoire environ 3000 ans avant Jésus-Christ. Elles se regroupaient principalement sur l'île Whitefish. Près de 200 autochtones vivaient dans des wigwams faits d'écorce de bouleaux ou de peaux d'animaux. Ils pêchaient à longueur d'année puisque les rapides ne gelaient pas. De plus, ils vivaient de la trappe du castor et de la chasse à l'orignal.

Les premiers explorateurs

En 1622, Étienne Brûlé et son compagnon Grenolle sont les premiers explorateurs à visiter la région. 2 Brûlé nomma cet endroit Sault-du-Gaston, en l'honneur de Jean-Baptiste Gaston, frère de Louis XIII, roi de France. Samuel de Champlain inscrit, 10 ans plus tard, Sault-du-Gaston sur ses cartes. À cette époque, la rivière Sainte-Marie s'appelait rivière des Puants et le lac Supérieur, le lac des Puants.

Jean Nicolet a campé à Sault-du-Gaston en 1634 lors d'une expédition dans l'Ouest. Malheureusement, il n'a laissé aucun écrit qui relate cette visite. Les pères Jésuites, Isaac Jogues et Charles Raymbault sont venus à Sault-du-Gaston en 1641 pour prêcher aux Ojibways. Ces premiers missionnaires n'y sont restés que 2 à 3 semaines. En 1660, Pierre Radisson, fondateur de la Compagnie de la Baie d'Hudson, disait que la région du Sault était un paradis terrestre où abondaient ours, orignaux et castors. Sault-du-Gaston devient un important poste de traite pour les coureurs des bois, les explorateurs et les autochtones.

La Mission Sainte-Marie-Du-Sault

Les pères Claude Dablon et Jacques Marquette fondent en 1668 une mission sur la rive sud de la rivière Sainte-Marie. 5 Le père Marquette la nomma Mission de Sainte-Marie-du-Sault. Le 4 juin 1671, au cours d'une grande cérémonie, la France prend possession des terres de la région. Plusieurs nations autochtones étaient présentes à cette cérémonie. Cette région du lac Supérieur était importante car on croyait qu'il y avait du cuivre. De plus, à partir de ce territoire, on allait chercher un passage qui mènerait à la "mer de Chine". En 1680, pour la première fois, le nom Sault-Sainte-Marie apparaît sur une carte. À cause de la menace constante des Iroquois qui étaient en guerre contre les Ojibways, la mission est abandonnée en 1689. Nous connaissons peu la période 1690 à 1750. Pour plus d'information sur les voyages du père Jacques Marquette, veuillez cliquer sur le bouton suivant : 6

Les premiers colons

3 En 1750, Louis de Bonne et Louis le Gardeur obtiennent du roi Louis XV une grande seigneurie avec droit de pêche et de chasse. Ils invitent Jean-Baptiste Cadotte, qui était marié à une Ojibway, à venir s'y installer. Ce dernier devient ainsi le premier fermier de la région. On construit et fortifie trois bâtiments en 1752. Ceux-ci deviennent le Fort Sauvage. En 1762, il est pris d'assaut par les troupes anglaises. Le drapeau anglais remplace le drapeau fleurdelisé de la France. Le règne français à Sault-Sainte-Marie est terminé.

Quelques évènements importants

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  • En 1814, Charles Ermatinger construit une maison de pierres, connue aujourd'hui sous le nom de Old Stone House Museum. Cette maison située sur la rue Queen est la plus vieille maison de Sault-Sainte-Marie.
  • En 1820, une frontière entre Sault-Sainte-Marie canadien et américain devient officielle.
  • En 1850, établissement de l’Église catholique à Sault-Sainte-Marie. La mission, sous la direction du Père Menet, était située face à l’actuelle Precious Blood Cathedral.
  • En 1855, construction d’une écluse et d’un canal du côté américain permettant le transport du fer par voie maritime.
  • En 1857, ouverture du 1er bureau de poste chez Joseph Wilson, 1er maître de poste.
  • Entre 1859 et 1868, la maison en pierre de Charles Ermatinger sert de prison et de palais de justice. Il s’agit aujourd’hui du Old Stone House Museum, rue Queen.
  • En 1871, Sault-Sainte-Marie obtient le statut de village.
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  • En 1887, Sault-Sainte-Marie devient officiellement une ville. Un train du Canadien Pacifique entre dans la nouvelle gare pour la première fois. Ce chemin de fer apportera la prospérité à la ville.
  • En 1891, début de la construction de l’écluse canadienne.
  • En 1892, la compagnie Bell Telephone installe ses lignes téléphoniques dans 20 foyers.
  • En 1894, fondation de Lake Superior Power Company et de Sault Ste. Marie Pulp and Paper Co. Ltd. par l’américain F. H. Clergue.
  • En 1895, ouverture du Ship Canal - voie maritime.
  • En 1898, établissement d’un 1er hôpital dans une maison d’été, rue Bay, par deux Soeurs Grises.
  • En 1899, fin de la construction de l’hôpital Général (General Hospital), rue Queen. Géré par les Soeurs Grises de la Croix d’Ottawa jusqu’en 1926.
  • En 1902, fondation de la paroisse St-Ignace par les Pères Jésuites. Le premier curé de la paroisse se nomme Père Joseph Cadot. La paroisse sera bilingue jusqu’en 1920. Fondation de l’école bilingue St-Ignace, première école séparée de la municipalité de Steelton, par les Jésuites. Les classes sont données au sous-sol de l’édifice à deux étages qui abrite l’église. La première enseignante: Kathleen O’Connor.
  • En 1903, construction d’une école-chapelle à l’angle des rues Cathcart et Huron.
  • En 1907, séparation des élèves francophones des élèves anglophones. Les francophones ont maintenant leurs propres classes à l’étage supérieur de l’école-chapelle.
  • En 1911, construction du presbytère et du sous-sol de l’église St-Ignace.
  • En 1913, arrivée des soeurs de la Sagesse à Sault-Ste-Marie. Elles s’installent sur la rue Beverley, puis rue Huron en 1914.
  • En 1914, prise en main de la gestion et de la direction de l’école St-Ignace par les Filles de la Sagesse.
  • En 1920, achat, par les Filles de la Sagesse, d’une maison (rue Georges). Elles demeureront dans ce couvent jusqu’en 1977.
  • En 1923, construction d’une nouvelle addition à l’hôpital Général pour accommoder les étudiants et les infirmières régulières.
  • En 1924, érection d’une statue en bronze de St-Ignace devant le presbytère.
  • En 1934, érection d’une croix de Jacques Cartier en bois devant l’église St-Ignace.
  • Début des années 50, fondation du Club Social, un club ayant comme objectif de promouvoir la culture canadienne-française. Devient le Club des Copains en 1965. Ce dernier est remplacé par le Centre Francophone de SSM en 1979.
  • En 1954, ouverture d’une cour à bois, rue Cathcart, par Napoléon Dubreuil, un des frères Dubreuil qui ont fondé Dubreuilville.
  • En 1955, construction d’une nouvelle église St-Ignace avec salle paroissiale et cuisine au sous-sol sous l’initiative du Père Florent Isabelle.
  • En 1964, fondation de la paroisse Sainte-Croix. Premier curé: Joseph Marchand. Ouverture de l’école Ste-Jeanne-d’Arc.
  • En 1965, construction de l’église Ste-Croix pour desservir les francophones de l’est de la ville. Ces derniers assistaient à la messe à l’école Ste-Jeanne-d’Arc. Construction du presbytère de la paroisse Sainte-Croix.
  • En 1966, construction de l’école Notre-Dame-des-Écoles pour les cours de la 4ième à la 8ième année. L’école St-Ignace recevra les élèves de la maternelle à la 3ième année inclusivement.
  • En 1968-69, fondation de l’école Cardinal-Léger à l’ouest de la ville. Offre des cours de la maternelle à la 4ième année. Fermeture des classes de 9ième et 10ième années à l’école St-Ignace. Les filles qui désirent poursuivre leurs études secondaires en français doivent pensionner chez les Filles de la Sagesse au pensionnat Notre-Dame de Lourdes à Sturgeon Falls jusqu’en 1969 et puis à Ottawa jusqu’en 1970 ou chez les Soeurs Grises à Haileybury. Les garçons doivent se rendre soit au Collège de Hearst, soit au Collège Sacré-Coeur de Sudbury.
  • En 1972, remise en marche de l’ACFO de Sault-Sainte-Marie qui aurait existé avant 1946.
  • En 1979, fusion du Club des Copains et de l’ACFO de Sault-Sainte-Marie pour fonder le Centre Francophone de Sault-Sainte-Marie.
  • En 1982, fondation du Conseil français 7999 des Chevaliers de Colomb.
  • En 1983, fondation du Club de l’Âge d’Or.
  • En 1985, fondation du Cercle Ste-Marie-des-Grands-Lacs #1335 des Filles d’Isabelle sous l’initiative d’Ida Boucher.
  • En 1986, élection du 1er Conseil d’éducation de langue française (CELF). Ronald Comeau, Diane Charron et Yvon Renaud. Le CELF devient plus tard la Section de langue française (SLF) du Conseil scolaire des écoles séparées de Sault-Sainte-Marie

    Crise linguistique

    Le 29 janvier 1990, un événement important a eu lieu au conseil municipal de Sault Ste. Marie. En effet, le maire de l'époque, Joe Fratesi, et ses conseillers ont décidé en majorité de déclarer l'anglais comme seule langue de travail de la municipalité. La raison donnée pour voter cette résolution était reliée à des questions d'argent : on craignait que la nouvelle loi 8 sur les services en français en Ontario n'occasionne des dépenses supplémentaires pour la ville.

    Les circonstances qui ont entouré la décision du Conseil de ville sont particulières. Depuis plusieurs mois, un groupe local du nom de S.A.P.E.L.R. (Sault Association for Preservation of English Language Rights (sic)) faisait circuler une pétition dans la ville. Les citoyens étaient invités à signer celle-ci afin d'éliminer le français dans la ville. Plus de 25 000 personnes l'ont signée. Fort de cet appui populaire, le groupe anti-français a présenté sa pétition au maire Fratesi et à ses conseillers. Ces derniers ont donné immédiatement leur accord. La ville devenait alors unilingue anglaise. La réaction à travers la ville, la province et le pays tout entier fut rapide et foudroyante.

    La résolution anti-française était votée dans le contexte des négociations constitutionnelles du Lac Meech. Dès le lendemain, différentes personnalités politiques du pays accusaient Fratesi de jeter de l'huile sur le feu et de nuire aux relations entre anglophones et francophones.

    De nombreuses lettres ont été envoyées aux journaux. Des citoyens ont protesté une semaine plus tard en organisant une manifestation devant l'hôtel de ville. En guise de protestation au conseil municipal, des milliers de lettres ont été déposées à la législature provinciale de l'Ontario.

    En juin 1994, la Cour supérieure de l’Ontario rendait une décision qui infirmait et déclarait nulle cette résolution d’unilinguisme. Le juge S. Loukidelis statuait que le conseil de ville de Sault-Sainte-Marie, comme tout autre conseil de ville, n’avait pas le droit de choisir ou d’imposer une langue officielle pour la communauté. Une municipalité, création législative de la province et niveau de gouvernement subalterne, ne possède par un pouvoir sauf si ce pouvoir est consacré en noir et blanc dans la loi municipale. Toute initiative de ce genre était donc ultra vires.

    Depuis ce temps, la ville de Sault-Sainte-Marie a vu son image ternie à travers le pays. Elle est désormais associée à l'intolérance et au racisme. La réputation de la ville de Sault-Sainte-Marie a beaucoup souffert de la décision du 29 janvier 1990. La question n'a jamais été véritablement débattue. Il semble bien que la ville devra vivre encore longtemps avec la cicatrice que cette décision a laissée.

    * Traduction: Association pour la sauvegarde des droits de la langue anglaise à Sault-Sainte-Marie.


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